Des « robots intelligents » auraient le potentiel d’éviter 290’000 morts liées à la cigarette, en Suisse.

–Roland Savioz–

L’intelligence artificielle – dans notre cas des robots conversationnels – va révolutionner la manière de concevoir le sevrage tabagique. Les dernières percées technologiques permettent d’apporter des réponses pertinentes, personnalisées et surtout instantanées, y compris lors de requêtes complexes. Un robot devient également plus intelligent du moment où il utilise des techniques d’apprentissage qui lui  permettent de s’instruire par lui-même. Deux informaticiens programmeurs de la HES-SO Valais ont développé dans le cadre du «Marathon de la santé connectée» un robot conversationnel dédié à l’arrêt de la cigarette. Comprendre tous les enjeux et perspectives, en moins de trois minutes, c’est l’enjeu de cet article.

 

robot-02
Dialogue entre un robot conversationnel et un candidat à l’arrêt du tabac.
L’intervention est immédiate, pertinente, en service 24h /24

La problématique

Le programme de sevrage «J’arrête de fumer» déployé sur Facebook a un potentiel intéressant : le nombre important de participants. Il contient un point faible : la difficulté pour nos équipes (22 personnes)  d’intervenir instantanément lorsque l’un de ces 7’000 candidats est sur le point de craquer et demande de l’aide, il faudrait pour cela des centaines de collaborateurs, de garde 24 heures sur 24.

Les 3 minutes décisives

L’envie physique d’une cigarette est une envie intense, irrépressible, mais brève. Sa durée est de trois minutes. Le nouvel enjeu de «J’arrête de fumer» est d’occuper l’esprit du fumeur durant ce court laps de temps. Soit détourner son attention 3 minutes, 20 fois par jour, durant 21 jours minimum.

La solution : le robot conversationnel

Un chatbot (ou robot conversationnel) est un programme informatique capable de lire le message déposé par un candidat et d’y répondre instantanément. Ce système automatisé interagit avec une base de données qui compile une multitude de combinaisons de type questions-réponses, basée sur l’analyse sémantique. L’intelligence artificielle, développée par l’humain, devant être dans notre cas à même de répondre à des scénarios d’urgence définis par avance.

33513957400_fb789a7815_o copieAlexandre Dubuis, Roger Schaer, Roland Savioz, Fabrice Joliat
Marathon de la santé connecté, 45 heures de développement non-stop

Détourner l’esprit du fumeur durant les 3 minutes décisives

Dans la problématique de sevrage tabagique, l’enjeu est de détourner l’attention du candidat au moment précis ou cette envie irrépressible d’allumer une cigarette se manifeste. Pour cela nous développons un robot conversationnel qui va servir de secours d’urgence. Le robot est conçu et pensé pour imiter le discours d’un être humain. L’intelligence, ici, réside dans la manière d’automatiser et de rédiger le contenu des réponses instantanées, sur la base d’algorithmes.

Au-delà de diffuser, par exemple, une simple réponse texte, le robot conversationnel va proposer de l’image, des vidéos, des podcasts, des jeux de rapidité ou d’adresse, des missions utiles à la collectivité, des exercices mentaux ou physiques et même initier une conversation téléphonique entre le candidat et nos équipes : soit autant de «détourneurs» d’attention répondant au besoin spécifique de l’utilisateur. Un bot devient également plus intelligent à partir du moment où son développeur lui apprend à corriger les requêtes qu’il ne comprend pas pour devenir de plus en plus performant. La machine mise en place par Facebook tente, elle, d’aller plus loin encore en créant une intelligence artificielle sophistiquée. Son objectif ? Développer des bots qui apprennent des réponses par eux-mêmes, grâce aux algorithmes et aux machines learning.

La solution développée pour «J’arrête de fumer» au Hacking Health de Sierre

Fabien Dubosson et Roger Schaer, deux jeunes cerveaux de la HES-SO Valais, ont développé en lien avec «J’arrête de fumer» un chatbot en mesure de :

  1. Lancer un SOS qui verra immédiatement un membre de nos équipes secourir le candidat en détresse via une mise en relation téléphonique (le bot devant encore afficher sur l’écran de notre collaborateur une aide à la réponse qui est fonction  de la «carte d’identité fumeur» du candidat, du nombre de jours de sevrage, de son degré d’addiction, de la compilation des symptômes précédemment décrits à travers les interactions avec le système, etc.)
  2. Déclencher un motivateur qui génère aléatoirement des commentaires ou des encouragements
  3. Lancer une vidéo d’aide en fonction du type de soutien requis par le participant
  4. Détourner l’attention par des jeux d’adresse sur smartphone
  5. Demander à l’utilisateur de faire, via son smartphone, une tâche utile à la société
33792553621_9711fc4050_oRoger Schaer et Fabien Dubosson, les deux cerveaux de la HES-SO Valais

Intégrer un robot conversationnel : quel intérêt pour le programme de sevrage ?

Les bots transcendent les usages et ouvrent la voie d’une nouvelle forme de relation entre nous et le candidat à l’arrêt. Les principales caractéristiques sont :

  • Réactivité : il devient possible de répondre 24h/24 à ses utilisateurs, de façon instantanée
  • Personnalisation : une réponse ultra-personnalisée aux requêtes est rendue possible
  • Productivité : le bot automatise l’échange et remplace partiellement l’intervention humaine
  • Taux de réussite : un utilisateur pris en charge immédiatement a plus de chances de réussir

Les intelligences artificielles et leur intégration dans le quotidien vont être amenées à se développer de façon exponentielle dans les mois et les années à venir. Ces nouveaux outils, les robots conversationnels, représentent une opportunité fantastique pour assurer une réponse compétente, immédiate et à très large échelle à nos milliers de candidats en phase de sevrage.

Roland Savioz
#Ibrid  #J’arrête de fumer

Encadré

Capture d’écran 2017-04-15 à 20.05.04

Un défi sans précédent lancé dans 6 cantons romands.

Arrêter de fumer, ensemble, le 20 mars grâce au programme de soutien sur Facebook.
Un défi sans précédent est lancé dans 6 cantons romands : amener des milliers de personnes à arrêter de fumer, ensemble, le premier jour du printemps. Testée en Valais où elle a rencontré un très grand succès, la méthode s’appuie sur la force des réseaux sociaux. Tous les jours, durant 6 mois, les candidats à l’arrêt reçoivent chaque matin des conseils qui les aident à se débarrasser de leur addiction. Mais surtout, ils forment une communauté virtuelle où chacun peut partager son expérience, et obtenir du soutien de la part d’autres participants, ainsi que de spécialistes de la désaccoutumance. La phase de recrutement débute aujourd’hui pour une durée de deux mois. L’action proprement dite commencera le 20 mars et se déroulera jusqu’au 19 septembre 2016.

(suite…)

Neuchâtel 27.01.2016 - Conférence de presse: Des milliers de Suisses romands arrêtent de fumer, ensemble, le 20 mars © Béatrice Devènes

Communiqué de presse

Télécharger le communiqué de presse

Affiches HD au format F4

Photos haute définition

Un défi sans précédent lancé dans 6 cantons romands.

Arrêter de fumer, ensemble, le 20 mars grâce au programme de soutien sur Facebook.
Un défi sans précédent est lancé dans 6 cantons romands : amener des milliers de personnes à arrêter de fumer, ensemble, le premier jour du printemps. Testée en Valais où elle a rencontré un très grand succès, la méthode s’appuie sur la force des réseaux sociaux. Tous les jours, durant 6 mois, les candidats à l’arrêt reçoivent chaque matin des conseils qui les aident à se débarrasser de leur addiction. Mais surtout, ils forment une communauté virtuelle où chacun peut partager son expérience, et obtenir du soutien de la part d’autres participants, ainsi que de spécialistes de la désaccoutumance. La phase de recrutement débute aujourd’hui pour une durée de deux mois. L’action proprement dite commencera le 20 mars et se déroulera jusqu’au 19 septembre 2016.

(suite…)